ANNE DREYFUS (directrice du Générateur)

(mars 2017) Géographies (ou Classroom)
(...) Géographies (ou Classroom) est une bulle magique... pleine de tout ce qui me semble fondamental d'affirmer aujourd'hui : une exigence artistique qui va à l'essentiel et qui balaie tout ce qui pourrait parasiter une écriture et un propos, des aller-retours magnifiques entre l'intime et l'universel, la force du temps qui nous traverse, la chance en somme d'être là, vivants !



GUY DEGEORGES

unsoirouunautre.hautetfort.com (mars 2017) Géographies (ou Classroom)
Cette leçon de géographie est loin d'être ennuyeuse, et le Générateur une salle de classe heureusement indisciplinée. Éléonore Didier et Lila Derridj font plutôt l'école buissonnière. Surtout occupées à rire, jouer et chanter, espiègles et facétieuses, se courser. Au programme après la récrée une géographie des corps, mais affectueuse alors, d'abord à l'échelle de l'humain. Tous préjugés déjoués, différences abolies, apparaissent d'elles deux d'infinies postures, possibilités et convergences. Elles les déclinent en harmonie, avec bienveillance et exigence. Cette danse dessine des valeurs apaisées de liberté, égalité, sororité.


unsoirouunautre.hautetfort.com (octobre 2015) Colaboratoire continental
Éléonore Didier retient de la danse l'expérience. D'abord oser la rencontre, un plus un, le reste suit. Fermer les yeux et s'abandonner. D'abord tout effacer. Être seul pour être tout. Ne plus rien voir pour tout voir, les autres sens aux aguets: ouïe, odorat, goût, toucher. L'artiste qui m'avait accueillie a disparu en son apparence, tout ce qui me sollicite émane d'une autre présence. Les signaux que celle-ci émet m'atteignent, à tous niveaux, de tous côtés. J'absorbe, je crée, je mange, je réponds. Mon esprit construit, rationalité abdiquée. L'espace prend de la densité, autour et à l'intérieur, le temps prend de la légèreté. Manipulé et libre, autre et intime, je danse dans l'immobilité


unsoirouunautre.hautetfort.com (mai 2012) Le modèle
Cette pièce, dense, s'approprie du regard plutôt verticalement. Le spectateur doit se mettre en condition pour percevoir les actions simultanées, comme s'agissant d'un opéra [...] Depuis le début de la création le sujet est resté le même, celui de l'oeuvre d'Éléonore Didier: l'exploration allusive de pensées invisibles, insoupçonnées, du trivial au sublime. Parfois, ces pensées explosent en arrivant à la surface. [...] Délicieusement épicée, cette pièce ne se laisse pas apprivoiser. Joue consciemment ou non avec "l'acceptable".


unsoirouunautre.hautetfort.com (janvier 2010) !Kung solo
Ce !Kung Solo est d'abord pour moi le souvenir de Paris,Possible, en plus net désormais, et plus coloré [...] Mathilde Lapostolle, qui reprend le rôle dansé jusqu'alors par la chorégraphe elle-même, plutôt transpose, paraît solidifier ce qui errait jusqu'à présent dans le territoire de la recherche, de l'incertain. Du soi à l'interprète, quelque chose échappe à l'intime, s'objectivise, comme un manuscrit que l'on voit enfin imprimé en livre [...]


unsoirouunautre.hautetfort.com (juin 2007) Paris,Possible
Éléonore Didier: service minimum [...] Un exposé d'états de corps. À prendre ou à laisser.
C'est qu'elle a manifestement du mal à exister. Est-ce par peur, amnésie, doute, lassitude ? En tous cas on s'y fait, on s'intéresse [...] C'est l'effeuillage le plus long et mou de l'histoire de la danse. Une heure presque est passée et si on est resté jusqu'à travers ces cinq dernières minutes, on a renoncé à tout [...]



THOMAS HAHN

dansercanalhistorique.com (février 2014) Moi, mes copines, à l'instant où ça s'arrête
De l'état originel à la découverte de la honte, la chorégraphie joue la carte de la rationalité et des compositions statuaires, jardin à la française qui peut cependant prendre quelques libertés et atteindre des sphères où le féminin se trouve plus à l'aise. Ce quatuor confirme que Didier part toujours de structures très affirmées.


Danser (mars 2010) !Kung solo
Du réveil à la nudité, son striptease à la vitesse butô se termine en séance photo. L'instabilité corporelle en dit long sur une génération qui exhibe son intimité pour se sentir vivre. En temps réel et étendu, le public a partagé un bout de ce voyage intérieur, dans une expérience radicale. Entre présence furtive et absence active, Lapostolle inscrit son parcours dans la vie du spectateur.



GÉRARD MAYEN

Danser (mars 2009) Solides,Lisboa
La jeune chorégraphe et interprète s'est inspirée des notions de la photographie. Ainsi, parvient-t-elle, depuis des gestes de déplacement nets et sobres, à densifier la trace visuelle de sa présence, à la façon d'un bain dans un révélateur qui densifierait les traits et la consistance de ses mouvements. Ainsi conduite avec une maîtrise absolue des intensités, sans le moindre tapage gestuel, son écriture chorégraphique exerce un pouvoir de fascination médusant [...]


Mouvement.net (février 2009) Solides,Lisboa
Une artiste hors courant Solides,Lisboa d'Éléonore Didier est une pièce d'une suffocante beauté, une orchestration distanciée et silencieuse donnant à percevoir la puissance fondamentale de l'art de la danse [...]


Danser (mai 2007) Paris,Possible
Deux solitudes se fécondent dans leur altérité radicale. Deux heures, c'est long. Étrangement, elles se déroulent sans peser, au cours de ce qu'Éléonore appelle Paris,Possible. Comme jamais, on se rend disponible aux infimes détails, aux sons et échos multiples [...]



PHILIPPE VERRIÈLE

Danser. Critiques (2012) Le modèle
Trois femmes, une assise obstinément, une précise dans le mouvement professionnel médical, la troisième délicieusement impudiquement ajourée. [...] Un spectacle donc, et c'est-à-dire que toute cette organisation n'est qu'un prétexte. La question est celle de l'émotion de ce corps projeté et de ce que le regard investit sur lui, même quand il est abaissé par le contexte social, et il n'y en a guère de meilleur exemple qu'à l'hôpital. En somme, ce Modèle est une « antivanité » au sens plastique. Et une réussite.


La Scène (mars 2010)
Solides,Lisboa est, de fait, un solo d'une rigueur froide et lumineuse qui marque. La chorégraphe Éléonore Didier a su retrouver la même tristesse lente née du rien, symptôme d'une incommunicabilité radicale, et la même remarquable intensité que dans laiSSeRVenIR, nouveau solo où elle semble désirer une échelle comme on s'accroche à un amour qui s'en va [...] En 1999, elle s'installe à Lisbonne. Elle y restera jusqu'en 2005 et c'est là que ses chorégraphies prennent cette couleur curieuse, lumineuse et transparente à la fois, et très crue aussi. Le ton original d'une artiste à suivre.